1LDK – Le Japon à Paris

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Plantes aromatiques et paillasson personnalisé, bienvenue au Japon

Située au calme sur la discrète rue de la Sourdière à Paris (non loin de La Contrie), 1LDK est la dernière née d’un groupe de boutiques qui compte maintenant 6 multi-marques à taille humaine, et dont toutes les autres adresses sont situées sur la péninsule nippone.
Alors que le Japon continue de devancer le monde du vêtement masculin (au moins la partie qui ne s’encombre pas trop de Rick Owens), 1LDK propose une sorte de petit teasing de ce qu’il peut se passer au pays du wabi-sabi.
Au niveau des découvertes, on note l’arrivée sur le marché français de la marque japonaise Comoli, dont nous avions remarqué les belles silhouettes ici, et dont la qualité et les finitions ne déçoivent pas. On apprécie aussi Universal Products, la marque propre de 1LDK, dont le mot d’ordre : « Always Quality First. Pleasure in wearing our products » promet raffinement, minimalisme et exotisme.
Si les Américains ont récemment redécouvert leur patrimoine vestimentaire grâce à la passion des Japonais, il pourrait nous arriver la même chose car 1LDK a eu le flair de regrouper ce qu’il se fait de plus exigeant en France. On note ainsi une offre d’une largeur inégalée à Paris de produits de De Bonne Facture et d’Arpenteur, bien accompagnés par Paraboot. On y trouve aussi de belles exclusivités japonaises telles que Kaptain Sunshine, Scye, O- ou Buddy Optical ainsi qu’une sélection d’ouvrages difficiles d’accès pour les non-japanophones, qui, du coup, ont l’air d’être ce qu’il y a de plus pointu au monde sur les sujets qu’ils abordent.
Tencho-Seki, le fondateur de 1LDK, qui a récemment posé ses valises à Paris, se fera un plaisir de vous recevoir et de vous montrer le fabuleux sous-main en cuir Hender Scheme présent près de la caisse.
Et, rien que pour apprécier (ou participer à) sa patine, il faut passer.

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Garmento – Mémoire vive

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Giorgio Armani 1988

Découvert il y a quelques années lors d’une recherche sur le Men’s Dress Reform Party, Garmento est un magazine doublé d’un blog qui traite de la mode de saisons passées.
C’est un constat relativement étonnant, voire passionnant : aujourd’hui, à l’heure où tout est disponible instantanément sur internet, il est toujours difficile de tomber sur des photos de défilés ou de campagnes publicitaires des années 80 ou 90, ou même de voir documenté en détail les marques qui eurent du succès il y a quelques décennies. Difficile donc pour les moins de 30 ans de se rendre compte de ce qu’était Helmut Lang à sa grande époque ou de l’ambiance qui régnait au sein des défilés joyeusement déjantés de Maison Martin Margiela. Comment pourrait-on même imaginer que GAP, à une époque, a été une marque cool ?
Garmento nous propose donc, à l’aide de publicités, d’extraits d’ouvrages vintages ou d’interviews, de retracer ces modes, vendues, portées, ou rêvées par les créateurs de l’époque. Dans un secteur où tous les regards sont constamment rivés sur la nouveauté, s’attarder sur ce qui a existé peut s’avérer salvateur.
L’occasion de se rendre compte que la silhouette des hommes évolue, et qu’aucun produit, aussi classique soit-il, n’est intemporel. Pour preuve cette oxford Ralph Lauren de 1992 que nous pourrions aujourd’hui utiliser comme parachute. Morale, destinée particulièrement à ceux qui ont besoin d’excuses pour assumer un gros craquage chez le tailleur : votre enfant n’aura probablement rien à faire des vieux vêtements élimés que vous imaginez lui transmettre, ils seront probablement has-been, c’est tout.

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E. & G. Cappelli, Naples

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A Naples, la cravate est sacrée et sa cathédrale s’appelle Marinella. La petite boutique de cette entreprise centenaire est un lieu de pèlerinage obligé pour tout homme d’affaire désireux de s’offrir un souvenir napolitain. Les plus renseignés s’orienteront vers l’appartement où la marque présente l’ensemble de ses collections. Situé à l’étage, on y accède au flair par la cour de l’immeuble. Mais il se peut qu’au faste baroque de la cathédrale, vous préféreriez le charme discret et l’intimité d’une chapelle, et c’est à peu près ce que propose E. & G. Cappelli.
A quelques encablures de Chiaia, il faudra s’aventurer dans une cour (le sport auquel tout visiteur en quête de fatto a mano devra s’habituer) – celle-là même qui abrite la Sartoria Formosa – pour trouver la petite porte menant à ce que l’on pourrait nommer la crypte des sept plis.
Pour des tarifs un poil en dessous de Marinella, Cappelli propose une offre moins classique, plus osée et contemporaine. Tout est là : grenadine de soie doublée ou non, cinq plis, sept plis, du tricot, de la laine et du lin, du paisley et de l’ancient madder, des mélanges de matières… Patrizio Cappelli, le propriétaire des lieux, voyage très régulièrement en Angleterre afin de sécuriser les plus belles étoffes et imprimés.
Le plus est l’offre sur mesure : pour une vingtaine d’euros et une petite semaine de patience supplémentaires, il vous est possible d’obtenir une cravate dans le tissu désiré et de choisir sa longueur, sa largeur, sa doublure ou son absence. Cela permet surtout de choisir parmi la très belle sélection de tissus vintage de la marque, dont les rouleaux et découpes sont disposés çà et là dans la boutique, telles les reliques du saint patron de la sprezzatura.

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Tres Bien AH15

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Rassurez-vous, le mannequin va très bien.

Voilà déjà trois saisons que Très Bien Shop, la boutique en ligne suédoise rebaptisée Très Bien, nous livre sa propre vision de la mode homme à travers des collections en nom propre. Très Bien a été un retailer précurseur, offrant très tôt un parti pris stylistique fort à travers ses sélections : un mix à l’époque unique de produits authentiques, de streetwear et de pièces créateurs plus progressives. Stratégie payante quand quelques années plus tard le monde du luxe semble vouloir embrasser plus que jamais celui du streetwear. Au delà de cela, Très Bien c’est aussi et surtout un puit sans fond d’exclusivités Nike multicolores constamment soldout.
Suivie de près par tout ce qu’il se fait de multi-marques européens, Tres Bien n’est sûrement pas étranger à l’apparition de Margiela, Dries Van Noten ou encore Watanabe aux côtés des commercialement plus safe APC ou Carhartt chez votre revendeur local. Cette troisième collection – Automne-Hiver 2015 – nous fait à nouveau penser à du Our Legacy en plus clean, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que les marques ont longtemps collaboré sur de nombreux projets. Toutes deux semblent poursuivre le même idéal de réconcilier univers street et créateur, et le font avec une finesse inégalée, sans imprimés racoleurs ni prix exagérés.

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Beaubien, Paris

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La sélection ne fait pas mentir l’enseigne

Beaubien est une petite boutique qui a ouvert ses portes Rue Notre-Dame de Nazareth il y a déjà deux ans. Située au coeur d’un quartier en renouvellement, jeune rue ou pas, non loin du magasin Wait, il suffira de quelques enjambées supplémentaires aux badauds pour s’y rendre depuis le haut-marais. L’occasion aussi de s’arrêter découvrir les derniers ouvrages reçus chez Library of Arts, ou d’apprécier une dernière fois l’offre de quelques grossistes en souliers pointus, avant qu’ils ne soient, eux aussi, victimes des effets conjugués de la gentrification et de la casualisation du monde.
Si Beaubien attire notre attention, c’est tout d’abord par sa sélection, qui contient quelques marques en exclusivité sur le marché français (Battenwear, Dana Lee, Jungmawen…), de très belles choses (Orslow, Arpenteur…), et des têtes plus connues (Norse Project, Kitsune, Gitman, Ebbets, Levi’s Made and Crafted, Il Bussetto…). C’est ensuite par la sympathie de Julien, le fondateur, qui saura vous accueillir et vous conseiller en toute humilité.
A caser sur votre parcours entre The Broken Arm et Thanx God.
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Empanaché d’un Panama

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Rien à voir avec le chapeau Havana Club qu’on a donné à votre petite soeur hier soir rue de Lappe.

Il y a un moment magique dans Badlands (« La Ballade Sauvage ») – l’excellent film de Terrence Malick – où Martin Sheen (alias Kit) vole un panama et une veste en seersucker, qu’il enfile sur son ensemble en denim. Au-delà de ce cours de layering, qui, on est sûr, a inspiré de nombreux stylistes japonais maladivement obnubilés par les US, on retient surtout le rôle esthétique important que jouera cet accessoire jusqu’à la fin du road trip de Kit. En effet, Kit le sait, son chapeau lui donne une allure certaine, digne de faire la une de la rubrique faits divers.

Les panamas, comme le nom ne l’indique pas, viennent en fait d’Équateur, où ils sont tissés à la main dans le respect de la tradition locale. Un seul de ces chapeaux de paille peut prendre de quelques heures à plusieurs mois à être tissé en fonction de la finesse voulue. Il en va en effet du tissage du panama comme de l’humour, sa qualité dépend de sa finesse et certains fabricants vous proposent même des formes identiques avec des tissages plus ou moins fins et un prix évoluant systématiquement de manière incrémental : fino, extra-fino, super-fino, le graal étant souvent le Montecristi, du nom de la ville où ceux-ci sont fabriqués.

De tradition plutôt sage, un panama saura s’adapter : il peut être porté droit avec un polo comme votre oncle à Roland Garros, mais aussi en arrière sur un ensemble RRL comme Martin Sheen, ou écrasé pour imiter le sprezzaturesque Jean-Claude Brialy dans Le Genou de Claire.

Comme toute belle chose, un panama se patinera, la paille jaunira progressivement au contact du soleil, de la crème solaire et des embruns. Plus le panama sera tissé fin, plus sa matière s’apparentera à du tissu et plus celle-ci sera fascinante, flexible et malléable. Certains panamas (souvent de forme plus classique avec un petit bourrelet central) peuvent même se rouler et se ranger dans un tube.

C’est toutefois un produit fragile, il craint l’inattention d’une assise maladroite, la sècheresse ou, plus risqué, un coup de mistral perdant en bord de mer.

Bonnes vacances !

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Duran, Contemporary Realism

4 mètres d’étoffe dans une chemise, 10 mètres dans un manteau, une belle époque.

Il y a presque un siècle, Paul Poiret théorisait l’évolution des tendances en déclarant que « tout excès en terme de mode est signe de fin ». A l’heure où les cols et revers se sont réduits jusqu’à disparaître et où le mot « slim » est souvent encore précédé de tous types de préfixes superlatifs, il est bon de rappeler qu’il y a encore peu, les hommes évoluaient drapés dans de fantastiques quantités de matière.

Aujourd’hui, l’air du temps est à une silhouette masculine qui s’agrandit, s’élargit, se fluidifie, pour preuve les dizaines d’épaules tombantes et de manteaux longs des présentations de collections automne-hiver 2015. Les 40 ans d’Armani arrivent à point nommé pour nous rappeler qu’il a été boss incontesté de l’exercice, et à quel point ses silhouettes des années 80 ne choqueraient pas portées aujourd’hui par des acheteurs japonais.

Découvert sur un catalogue d’exposition lors d’un marché aux puces bordelais, Duran est un artiste dont on ne sait pas grand chose. En fouinant sur son site internet, on n’en sait pas beaucoup plus mais on cerne l’univers rapidement. Ses portraits sans visages laissent parler les matières et les coupes et évoquent l’époque révolue du power-dressing et d’une Amérique au top de sa forme qui a fait rêver le monde entier (On pense à City Hunter, aux cafés au fin fond de la campagne française qui s’appellent « Le Madison » ou aux tableaux de Chris Consani que l’on peut souvent croiser dans nos bistrots favoris).

Si la forme ne sera pas du goût de tout le monde, il y a tout de même des choses à prendre. Les plus frileux pourront aller plus simplement piquer le look de Richard Gere dans American Gigolo.

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Nike White Label

La version futuriste du crew neck en molleton gris

Une tendance de fond sur marché américain concerne une sorte de nouveau sportswear, que certains adeptes des mots-valises ont baptisé l’athleisure, ou plus raisonnablement active wear. Une marque comme Lululemon, spécialisée dans les vêtements de yoga mais qui propose surtout des vêtements à valeur ajouté technique pour la vie de tous les jours, est devenue une véritable institution outre-atlantique. Quelques prédicateurs fous vont jusqu’à annoncer que le collant est le nouveau jean. De nombreuses marques que l’on suit s’inspirent de ces matières techniques pour faire des choses qui se tiennent.
On connait par exemple Nanamica et Arc’teryx Veilance, qui ont intégré du Gore-Tex dans des pièces aux looks plus urbains. Lors de l’apparition des matières synthétiques, au milieu du siècle passé, ce genre d’argument technique a permis de justifier l’injustifiable. Effectivement un polo en 100% acrylique sèche rapidement et n’a probablement pas besoin d’être repassé, mais fort heureusement nous en sommes largement revenus. Le positionnement d’Uniqlo est assez malin à ce sujet, la marque – qui se présente comme une marque de technologie et non de mode – justifie opportunément tout ajout de polyester par un argument technique.

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Drake’s SS15

« – Comment vais-je pouvoir peler cette orange avec sprezzatura sans faire tomber ma veste ? »

Pour son lookbook SS15, Drake’s a fait appel à l’illustrateur japonais Akira Sorimachi, dont le trait vous sera peut-être familier pour être régulièrement apparu sur les couvertures du magazine Monocle. Sur ces illustrations, toutes les pièces présentées sont extraites de la nouvelle collection de Drake’s et de ses diverses collaborations, des cravates aux souliers, en passant par les vestes, chemises, panamas et pochettes. La marque s’aventure petit à petit dans un vestiaire complet, mais toujours avec l’extrême justesse qui caractérisait déjà ses collections d’accessoires.
Nous avons été récemment exposés à quelques illustrateurs japonais avec des styles aussi différents qu’intéressants, qui possèdent souvent une patte rétro très contemporaine. Leurs univers sont simples, colorés et positifs et ceux-ci s’attardent parfois sur la mode masculine, on pense notamment à Hiroshi Watatani, à Satoshi Hashimoto (qui a collaboré sur la dernière maquette de M, le magazine du Monde) ou à Kazuo Hozumi, dont les figurines que l’on peut apprécier dans Free & Easy sont de pures petites merveilles…
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Herr Judit, Stockholm

Oui, il s’agit bien d’une friperie qui marque le pli de ses pantalons

De passage à Stockholm, vous en profiterez peut-être pour visiter quelques bonnes boutiques : Nitty Gritty, Gabucci, Rose & Born, ou même les flagships d’Our Legacy et d’Acne Studios, ce dernier étant situé au sein de l’impressionnante ancienne banque à l’origine du nom du syndrome de Stockholm. Le pays possède un écosystème complet de marques – qui ne passent pas toujours les frontières – et un style vestimentaire bien à part qu’il est toujours agréable d’observer.
Chaque capitale a ses Stéphane ou ses Simon, toujours à l’affut de pièces d’occasion et de qualité pour leur clientèle d’habitués, et où souvent la présentation n’est pas la priorité.
La boutique d’Östermalm de Herr Judit est une sorte d’équivalent local avec une offre plus large et une équipe de visual merchandiser à temps complet. Les marques diverses et bien choisies nous confirment que les Suèdois savent ce qu’ils font : Crocket & Jones, John Lobb, Tombolini, Lubiam, Barba, Ralph Lauren, Jcrew ou J. Lindeberg pour n’en citer que quelques unes. Les prix sont raisonnables et le tout est présenté avec un soin et un goût qui ne vous étonnera plus après quelques jours passés dans la capitale Suédoise.
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