De Bonne Facture PE16

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On the edge

Pour Printemps-Été 2016, la collection De Bonne Facture prend encore un peu d’ampleur, et c’est petit à petit un vestiaire masculin complet qui se voit être interprété par Déborah, la créatrice de la marque. Le jeune label, qui compte maintenant 3 points de vente à Paris (Merci, 1LDK, et le nouveau venu Bernardin) et 7 au Japon, conserve sa démarche transparente, mais semble vouloir s’affirmer et se forge doucement son propre répertoire stylistique.
Cette dernière collection est un vrai plaisir pour les sens : l’oeil est attiré par de belles palettes de bleus et de beiges et les matières utilisées surprennent par leur qualité, leur finesse et leur main : de la viscose, du seersucker, du piqué, du natté, du chiné, provenant presque toutes du Japon et d’Italie.
Une petite capsule d’accessoires construite dans un élégant daim caramel vient finir parfaitement le tout.
C’est cette recherche dans les matières qui au final porte son empreinte sur la collection : si vous êtes bien devant des formes masculines archétypales, certains tissus créent des aspérités fortes, parfois même visuelles, dans la collection.
La marque sort donc doucement de sa timide discrétion pour annoncer qui elle est, et on voit apparaître un vestiaire typiquement parisien avec un traitement qui pourrait être celui d’une marque japonaise.
Le meilleur des deux mondes ?

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Pop-up Arpenteur

Arpenteur - Pop-up Store 1ldk

On l’oublie trop souvent lorsqu’il s’agit de citer les marques françaises qui nous inspirent : Arpenteur investit du 3 au 12 mars les locaux de 1LDK au 16 rue de la Sourdière dans le premier arrondissement parisien.
Depuis leurs débuts en 2011 ils fabriquent de beaux vêtements en France.
Ils y développent et y sourcent également leurs matériaux en retrouvant des techniques et savoir-faire parfois oubliés… Un véritable travail d’archiviste ! Retrouvez ici une interview de Laurent et Marc par notre cher Laurent Laporte, ce devrait être suffisant pour vous donner envie de toucher, leurs matières sont incroyables.

Pop-up De Bonne Facture


La chouette devanture, Galerie Vivienne

De Bonne Facture, qu’on ne décrit plus, tiens un pop-up shop du 18 au 22 septembre au sein de la galerie Vivienne, non loin du Palais Royal, à Paris. L’occasion de découvrir la troisième édition de la marque, d’apprécier ses belles matières et tous les détails qualitatifs que réservent ses produits. La galerie Vivienne, ses boiseries, peintures et mosaïques, offrent un écrin idéal pour accueillir la première boutique de la marque.

N’oubliez pas de passer la tête chez les voisins Arts & Science, qui hélas ne vendent plus d’homme au sein de cette boutique depuis 2 saisons, mais dont l’univers de marque vaut le coup d’oeil.

 

Tjikko


Ça n’est pas forcément l’idée que l’on se fait d’un atelier de maroquinerie en plein Paris.


Lorsque l’on se balade un peu dans le paysage de la maroquinerie on se fait vite happer par sa richesse infinie: pièces incroyables sorties des plus prestigieux ateliers du monde, guerres financières, belles endormies à peine réveillées par un LVMH en quête d’un nouveau terrain de jeu, maisons indépendantes rebelles à la course au profit, avides du retour de la qualité à tous les niveaux, one-woman operations en quête d’un monde plus lent, amateurs un peu fous (on va y venir, patience)… difficile de dresser une carte définitive. Le dernier ovni dans lequel je suis rentré c’est Tjikko, de Pierre Lapeyronnie et quelques uns de ses collègues et amis.


Voilà ce que l’on trouve au fond d’une cour du 12ème.

 

Ma première rencontre avec Tjikko s’est faite chez Centre Commercial, rue de Marseille, boutique dans laquelle je flânais, sûrement s parti chercher une incroyable miche de Pain des Amis. En constante observation des nouveautés et des noms inconnus sur la scène de la maroquinerie, un portefeuille marqué d’un « Fabriqué à Paris » en dessous du logo avait attiré mon oeil dans la vitrine. Rien de bien étonnant jusqu’ici, la capitale regorge de petits ateliers qui travaillent à façon. Seulement voilà, le prix n’avait rien à voir avec les travaux de selliers maroquiniers, les coutures n’étaient pas celles d’un sellier traditionnel, les bords noircis témoignaient d’une coupe à chaud, l’objet était réalisé d’une seule pièce de cuir, et le logo marqué au laser dans la peau. Une fois de retour chez moi après quelques rapides recherches sur internet, un email part à la rencontre de cette marque intrigante qui partage sur les réseaux sociaux des photos de jeunes gens pince à coudre entre les cuisses, en train de peaufiner le montage d’un portefeuille assez atypique. La réponse ne se fait pas attendre et rendez vous est pris.


Pierre et Paul au travail sur Tjikko entre deux projets de mobilier.

 

La semaine suivante je pousse une porte du 11ème arrondissement sur l’invitation de Pierre et marche dans une cour intérieure jusqu’à une petite maison entourée de fleurs en pot. Il s’agissait d’une calme journée de juillet et entrer dans l’atelier m’a un peu fait l’effet de soulever une pierre en forêt. Comme si un petit monde coupé de l’extérieur s’affairait à la tâche: l’un m’invite à m’asseoir, me tend un coca, l’autre sort d’une mezzanine sous le toit où il se tenait à accroupi, occupé à améliorer sa technique de couture, pendant qu’une de leur collègue en rendez vous téléphonique avec un distributeur me faisait un signe de la main. À peine les présentations terminées une nouvelle tête fait son apparition: un ébéniste d’une grosse vingtaine d’année venu prévenir que leur travail sur les meubles d’un hôtel ouvrant ses portes prochainement était bientôt achevé. »Voilà Tjikko » résumait Pierre une fois de retour.


Petit coin découpe pour les maquettes et autres ajustements.

 

Après avoir étudié le design et travaillé pour de belles agences, Pierre décide de prendre son indépendance et fonde le studio Pierre Lapeyronnie. Travaillant habituellement du mobilier, des chaises et des luminaires, le studio est véritablement multifacettes: pendant ses périodes d’apprentissage, pour mieux appréhender la matière, les objets et leurs techniques de fabrications Pierre est allé à la rencontre de nombreux artisans qui lui ont transmis les bases de la verrerie, la ferronerie, le travail de la céramique, la coutelerie ou encore de l’ébénisterie. Toujours touche à tout et curieux, le studio Lapeyronnie trouve donc par Tjikko un moyen de s’essayer à la maroquinerie.

Toutes les pièces seront cousues à la main après découpe et pliage.

 

Soucieux de réaliser un produit utile, durable dans le temps et simple à fabriquer, ils commencent avec le porte feuille « Modèle A »: composé d’une seule pièce de cuir découpée au laser, les trous pour la couture sont percés en amont de l’assemblage des poches qui sera réalisé par pliage et fixé au fil de lin, traditionnellement utilisé en maroquinerie. On a donc un peu l’impression que Tjikko se situe tout juste à la rencontre de deux monde, entre l’artisanat et le design industriel cherchant à allier esthétique et suppression des contraintes de fabrication.

Non contents d’avoir déjà quelques points de vente comme Centre Commercial, La Belle Société, Elka et Cieva et Figura Sfondo , Tjikko vient tout juste d’ouvrir la nouvelle mouture de son site internet. Notez que vous pouvez également aller à la rencontre de toute la troupe et vous procurer votre porte feuille directement à l’atelier au 75 rue Léon Frot dans le 11ème à Paris. Si vous êtes curieux et/ou bricoleur, vous apprécierez forcément le détour.


Visite d'atelier Bleu de Chauffe

« Joseph » et « Jules » sont aussi des noms de produits Bleu de Chauffe

On se souvient tous du pataquès créé par la couverture du Parisien, présentant le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Depuis ce jour, le made in France a fait son chemin. Cette expression est devenue à la limite écoeurante à force de la voir se dandiner sur les lèvres de communicants mais elle prend pourtant son essence dans une vocation politique profonde.

Si vous êtes de ces néophytes en authenticité, il est alors grand temps pour vous de découvrir Bleu de Chauffe. Cette belle marque est créée en 2011 par Thierry Batteux et Alexandre Rousseau. Le premier vient du secteur de la mode urbaine et sportive pour lequel il a travaillé près de 10 ans, tandis que le second, Alexandre, est designer de formation, spécialiste en bagagerie et a travaillé pour différents projets dans le luxe et la mode, notamment pour Lancel. Unis par l’amour du workwear, ils décident de s’associer pour lancer leur marque. Pour la petite histoire : le bleu de chauffe est la veste bleue que portaient les conducteurs de locomotives à vapeur pour chauffer l’eau et faire monter la pression. Par extension, c’est devenu la veste de travail de l’ouvrier français. Aujourd’hui, mon grand père enfile son bleu quand il va travailler dans son atelier et mon oncle, plombier, quand il est à ses œuvres. Ancré dans cet univers par ce nom, Thierry et Alexandre commencent par proposer un sac d’usage, solide et fonctionnel. Le premier né s’appellera Jules. Depuis, ils ont su proposer avec habileté, jouant entre modernité et tradition, des housses pour tablettes ou ordinateurs , des ceintures et autres porte clés. Des produits répondant à des besoins modernes conservant des valeurs traditionnelles. Jeune marque, on espère la voir s’ouvrir vers de nouveaux horizons tout en gardant un ancrage dans la bagagerie. Il y a une carte à jouer, vu l’intérêt croissant pour le workwear dans la mode pour homme. Les jolis sacs Made in Aveyron ne cessent de s’exporter et cela de manière exponentielle. Après l’Europe, c’est l’Asie qui s’affole. On sait que le duo va continuer à valoriser et préserver ce savoir faire de proximité, et c’est d’ailleurs mon amour pour celui-ci qui m’a amené à rendre visite aux ateliers Bleu de Chauffe.

Tranquillement installé aux abords du Larzac, près de Millau, c’est un sous-traitant que je rencontre, mais au vu des piles de sacs griffés au nom de la marque, je me rends bien compte de son essor et de la place qu’elle prend dans cet atelier. Les artisans compagnons fraîchement diplômés croisent les plus expérimentés, l’ambiance y est agréable et chaleureuse. Ça respire le cuir et la chaleur humaine. Le temps y est apaisé et ce petit atelier me projette dans un monde que j’ai cru révolu. C’est à croire que le Larzac a ça en lui. Un autre temps, une alternative s’organise ici. Faisant un pied de nez à la grande consommation, ces produits prendront de la valeur avec l’âge. Fait de beaux matériaux dont les heureux détenteurs auront le plaisir d’observer le vieillissement progressif, ces sacs gagnent à vivre leur histoire.

Estampillés du nom des artisans les ayant façonnés et de leurs dates de réalisation, ils naissent mais ne mourront pas. Une des ouvrières me montre son sac : « Il est bien usé celui-là, il est devenu vraiment sublime. Ce cuir est une merveille, il gagne en souplesse et la couleur devient moins terne. » La marque a opté pour un matériau 100% naturel : le cuir traité tanné végétal. C’est un des rares cuirs à ne pas être assoupli ni teint lors du tannage, ce qui lui permet de conserver un rendu naturel après la sortie de production. L’achat d’un de ces sacs est un investissement affectif et conscient, tout l’inverse de la tendance générale de surconsommation. Une belle promenade sans appareil photo ne vaut pas grand chose, c’est pourquoi je suis revenu avec quelques photos de l’atelier, parfois suggérées et mystérieuses, elles entretiennent les valeurs de la marque qui sont d’après Alexandre : « le travail, la fabrication française et artisanale, la qualité, le travail manuel, les matières, le cuir végétal et l’authenticité… »

Les machines sont de beaux colosses, du genre balèzes et efficaces, elles semblent increvables. De l’alliage entre le travail de ces grosses machines et des petites mains à la finition en résulte des produits en matière brut et robuste aux traits fins. On avance dans l’atelier au rythme de la confection du produit, d’abord la pièce où l’on découpe le cuir, on se croirait dans un ranch et ça sent bon la peau de bête. Toutes les peaux y sont déposées et une énorme machine vient découper ce cuir. On traverse ensuite un petit couloir, les murs sont des étagères remplies de boutons, clous ou sangles qui habillent le mur du sol au plafond. Et tout à coup, le coeur de l’action : l’atelier. Des tables de coupes, des plans de travail, des établis, ça fourmille avec rigueur sans se bousculer, ici on travaille. Je vois une ouvrière, du genre bonne mère de famille qui s’attèle à la couture, elle maîtrise sa machine les yeux fermés alternant jeux de pieds et jeux de mains. Tandis qu’une jeune ouvrière étale des découpes de cuirs et trace les contours du futur sac, le cuir valse entre toutes ces petites mains et prend doucement forme sans que je n’y comprenne grand chose. Je vois la magie s’opérer sous mes yeux. Petit à petit, je vois un objet du quotidien émerger, les tâches semblent décloisonnées, la cadence est régulière mais pas de stress dans l’atelier. On sait que c’est le savoir-faire qui prime et il prendra le temps qu’il faut, monsieur, me dit-on.

Cet article est un article invité rédigé par Arnaud Pessey. Retrouvez l’auteur sur Twitter.

1ère vente De Bonne Facture

Cette chemise, ainsi que tous les premiers vêtements développés par la marque, sont disponibles ce week-end.

Vous vous souvenez sûrement de De Bonne Facture, cette nouvelle marque française que nous vous avions fait découvrir il y a quelques mois. La marque organise une vente de sa première édition de vêtement ce week-end, à Paris. Je connais deux trois impatients qui avaient déjà contacté la fondatrice de la marque, Déborah, afin de mettre la main sur les premières chemises de la marque, eh bien il en reste et celles-ci seront accompagnées des très beaux pulls fabriqués en Bretagne, des élégantes cravates tricotées et de toutes les pièces dont vous trouverez les détails ici.

Cette vente aura lieu dans le très lumineux showroom de la marque, situé non loin du canal Saint Martin et de la rue de Marseille, dans le 10e arrondissement de Paris, jusqu’à demain soir 20h00. Tous les détails sur l’invitation ci-dessous. On espère vous y croiser !


Interview – Célia Granger

Célia Granger au travail pendant l’interview. Les collections doivent être prêtes en temps et en heure !

Cela va faire quelque temps maintenant que je suis tombé dans une sorte de véritable obsession pour la maroquinerie, l’univers de la sellerie-maroquinerie, le cuir, ses traitements et son travail. Une sorte de virus qui dort peu. Comme dans beaucoup de domaines quand on commence à s’y intéresser, on se rend vite compte de sa richesse incroyable et que les acteurs les plus connus ne sont pas forcément les plus intéressants, bien que moyens obligent, leurs travaux soient souvent exceptionnels. Un peu comme le berlinois talentueux et anonyme faisant de la musique électronique dans sa cave sera plus à même de faire vibrer les amateurs qu’un célèbre groupe en tournée mondiale qui passe à la radio, les mains indépendantes du secteur de la maroquinerie et certaines petites marques comme Célia Granger et laContrie peuvent parfois façonner le rêve mieux qu’un Vuitton ou qu’un Goyard. En constante recherche de talents dissimulés, il fallait que ça arrive un jour ou l’autre: j’ai croisé le monde de l’artisanat.

Je me suis vite aperçu que le vrai savoir faire ainsi que la vraie connaissance de la matière résidait parmi ceux que les magazines de mode ont trop souvent oubliés. D’un naturel assez chanceux, les Journées Européennes des Métiers d’Arts tombaient à pic et pour l’occasion de nombreux artisans ouvrent leurs ateliers au public: l’occasion rêvée pour profiter un peu du temps d’un maroquinier en étant sûr de ne pas le déranger dans son travail. C’est à cette occasion que je poussais la porte de l’atelier de Célia Granger, dans le 12ème arrondissement de Paris. Avant même de la rencontrer, les clichés liés au monde de l’artisanat commençaient à s’effacer: l’atelier baignant dans une lumière éclatante qu’elle partage avec Ludovic Avenel, jeune ébéniste talentueux, semble être au centre d’un intense dynamisme créatif, très loin de l’image de l’artisan bougon dans son univers lugubre. On s’en éloigne encore après avoir échangé pendant quelques minutes avec Célia, souriante, dynamique et ouverte d’esprit qui ne lâche pas son prototype pendant l’interview, la collection devant être livrée à temps pour les fashion week à venir.

Bonjour Célia, tu es artisan maroquinière et tu fais des sacs sur mesure dans ton atelier parisien. Tu peux nous expliquer comment tu en es arrivée là ?

Je ne suis pas arrivée au cuir très rapidement mais j’ai toujours aimé réaliser des objets auxquels je pensais ou que je dessinais, sur lesquels j’avais une petite idée de comment les réaliser. J’ai toujours adoré les objets qui vieillissent bien, qui se patinent et qui peuvent être transmis. C’est comme ça que j’ai hérité étant petite d’un cartable de mon grand-père en cuir rouge qui m’a beaucoup plu par la charge affective qu’il portait et c’est comme ça que j’ai découvert cette matière qui est l’une des rares à vieillir de manière aussi belle et qui devient intemporelle. Après avoir passé quelques années dans des bureaux derrière un ordinateur j’ai décidé de quitter tout ça et j’ai fait une formation en sellerie maroquinerie.

Tu sais d’où vient cette passion ? Tu as grandi au contact de gens manuels ?

Ça vient effectivement de quelques souvenirs et du goût pour les beaux objets. Il y a aussi d’autres matières que je trouve magnifiques, en général des matières naturelles, tout ce qui est laine, coton, lin, bois… des choses texturées avec lesquelles j’ai été mise en contact chez moi car on avait toujours de belles choses chez mes parents qui étaient un peu bricoleurs. Le cuir je l’ai choisi en dernier, c’était un peu une peur, cette matière m’impressionnait énormément car une fois qu’on l’a percée ou coupée on ne peut pas recommencer. Et puis c’est surtout une matière qui a un prix: ça ne se trouve pas comme ça et on ne peut pas se louper. Une fois que j’ai décidé de passer dans un métier manuel et créatif, je me suis rendu compte que si une matière m’intéressait particulièrement c’était le cuir.


En attendant d’intégrer la collection d’une maison de mode, un prototype sommeille.


Pourquoi sur mesure ?

C’est pour pouvoir toucher à toute la variété des cuirs qui est immense et qui permet de faire des choses très variées… c’est aussi moi pour ne pas m’ennuyer et pour pouvoir faire plaisir aux gens en leur disant que l’on peut tout faire quand il viennent me voir.

Même si évidement d’autres critères comme le budget viennent restreindre le champ.

La matière te parle donc particulièrement… tu as un processus particulier pour choisir une peau ?

Il y a plein d’étapes dans la décision, chaque cuir a ses propriétés de souplesse, de rigidité, d’épaisseur, de finesse, de brillant, de mat, de robustesse, de délicatesse… et selon le projet que l’on veut réaliser, chaque cuir est plus ou moins indiqué ou contre indiqué. Je dirais qu’il faut d’abord savoir ce que l’on veut faire. Après il y a plusieurs approches possibles: soit on a une belle peau sous la main et on veut faire quelques pièces dedans soit au contraire on a une idée précise en tête et là on sait que l’on va se diriger vers le cuir qui s’y prête.

Tu fais du sur mesure mais est-ce que tu te laisses guider par la mode parfois ? Est ce que cela peut orienter tes conseils lors de la réalisation d’un sac ?

Cela doit bien influencer certains choix, comme les couleurs par exemple ?

Je me laisse très peu influencer par la mode. Consciemment je ne me préoccupe pas de savoir ce qui est au goût du jour. Évidement je suis influencée, quand je regarde ce qu’il y a dans la rue je vois bien les formes qui ont cour, que le crocodile mat plus que le crocodile brillant est d’actualité. Je suis également très fan de design donc quand je vais voir une exposition je suis forcément influencée et cela se ressent forcément dans mon travail. Je suis probablement complètement influencée par l’air du temps mais le fait d’être à la mode n’est absolument pas une préoccupation. Je dirais même que si je ne suis pas à la mode, tant mieux (rires).

Je tâche surtout de puiser aux fondamentaux, de toute façon ce qui a été démodé à un moment redeviendra à la mode à un moment ou à un autre. Je ne sais pas exactement où je me place dans le cycle ou dans la boucle mais je trouve qu’il y a une source d’inspiration phénoménale à travers la peinture, l’architecture et le design et quand on va se nourrir à ces sources là on a plutôt tendance à donner dans l’intemporel. Dans la mesure aussi où cela répond au désir de la personne, si on me demande quelque chose de bien précis je vais aller dans le sens du désir du client, je ne fais pas de l’intemporalité un dogme, même si c’est une préférence personnelle.


De bien belles peaux, attendant patiemment d’être travaillées.

 

Qu’est ce qui fait qu’un sac est un beau sac selon toi ?

La beauté de la matière est essentielle: quand on part d’une belle matière il faut vraiment être très maladroit pour la massacrer. Tout est ensuite une question de mise en oeuvre: on peut faire de très belles choses avec des matières synthétiques, un sac plastique bien cousu, bien fini peut être un beau sac. Le savoir faire doit également être irréprochable: montage, exécution, finition… c’est donc la combinaison de tous ces éléments. Après on a des tas de critères esthétiques qui peuvent rentrer en ligne de compte. Je sais que comme je préfère utiliser de très belles matières je crois que l’on n’ a pas besoin d’avoir des formes de sacs complexes, je trouve que la sobriété est ce qui met le plus en valeur les belles matières, c’est ce qui rend le plus justice au très beau cuir, mais c’est très subjectif. Pour moi un beau sac c’est avant tout une belle matière, une belle exécution et une espèce d’adéquation entre la matière utilisée et la forme qu’on lui a donnée. On peut avoir de très belles matières mais si elles sont cachées sous une multitude de détails ou des boucles métal partout ou des ornementations qui viennent masquer la nature d’un cuir, je trouve ça dommage.

Il t’est arrivé de tomber sur de jolies choses en prêt à porter ? Quel regard portes-tu  sur ce qui se fait en maroquinerie de nos jours ?

J’ai l’impression, de par les gens qui viennent me voir pour faire des prototypes, qu’il y a beaucoup de marques nouvelles qui se lancent. Il y a beaucoup de gens qui croient pouvoir faire de l’argent rapidement car le secteur de la maroquinerie se porte bien… je crois aussi qu’il y en a vraiment beaucoup qui se cassent la figure. Ce que je vois en général c’est plutôt pas mal au niveau design mais les matières ne suivent pas. Quand la matière et le design sont réunis là ça devient très intéressant mais j’ai l’impression qu’il s’agit d’un pourcentage infime…

Et reste la fabrication…

Exact ! (rires) le plus souvent c’est délocalisé à l’étranger même si on a quelques relocalisations en Europe si ce n’est en France. Là en tout cas j’aurais du mal à trouver une marque qui m’emballe et chez qui j’aurai envie d’aller acheter quelque chose. Bon c’est vrai que depuis que je suis passé du côté de l’artisanat, j’irais plutôt favoriser un collègue: au niveau des matières ce sont eux qui proposent les plus belles choses. J’ai entendu des gens me dire qu’ils avaient acheté de belles pièces chez Le Tanneur mais j’ai été sidérée de voir les dégradations du cuir… j’ai moi-même quelques produits qui étaient plutôt pas mal mais ils ne vieillissent pas bien du tout.

Tu ne travailles pas en série mais tu fabriques tout de même quelques pièces pour Isaac Reina…

Un des axes de mon activité de sur mesure est de réaliser les prototypes que me confient certains designers et couturiers. En ce qui concerne Isaac Reina, je récupère un dessin de sa part qui est plus ou moins abouti et il s’agit de réaliser une pièce qui sera la plus fidèle possible au dessin et à l’esprit que je dois percevoir. C’est assez passionnant car je dois me mettre entre parenthèses. C’est la technique qui va permettre de s’exprimer et la matière, que l’on me confie également. En utilisant les propriétés du cuir qui a été choisi, il va falloir  s’approcher au plus de l’esprit du dessin.

Ça doit être néanmoins un bon moyen de garder un oeil sur ce qui se fait, ces designers et ces marques- là donnant souvent le ton en matière de tendances…

Oui tout à fait, je suis un peu obligée d’être à la mode avec ce travail- là (rires) même si en l’occurrence je ne sais pas si on peut caractériser Isaac Reina comme étant «à la mode». Je crois que c’est un designer assez exceptionnel et je trouve que ses pièces sont justement dans un esprit plutôt intemporel. On est assez en phase sur cette conception du sac qui fait la part belle à la matière, tous ses sacs sont toujours intégralement en cuir à l’intérieur comme à l’extérieur, il y a très peu d’ornementation qui viendrait brouiller la lecture de la matière, toujours dans une ligne très pure, très sobre. Je crois que ce sont des pièces dont on s’ennuie peu, on est content de les avoir au fil des ans.


Le maroquinier est aussi expert en géométrie.

 

Du fait de ton activité, as tu la sensation d’avoir un rapport au temps différent de celui de tes contemporains ?

Complètement, le rapport est totalement transformé. C’est d’ailleurs en partie pour ça que j’ai choisi l’artisanat. Dans mon précédent métier, j’ai eu l’impression que le temps ne m’appartenait plus, je travaillais toute la journée sur des choses virtuelles: des études, des dossiers devant un ordinateur et je ne voyais pas le temps passer. L’artisanat c’était pour moi le seul moyen de revenir à un temps concret, palpable et long en faisant des pièces qui prennent du temps à réaliser. Je me place un peu hors du circuit économique classique et si j’étais provocatrice je dirais que je ne suis pas rentable, je n’ai aucune logique économique dont je peux me prévaloir dans mon activité: le sur mesure c’est un peu le comble puisque je mets du temps à mettre au point un modèle et tout ce travail je ne vais l’utiliser qu’une seule fois. Dans une entreprise qui développe de la maroquinerie on ne développe qu’une fois: ça prend des mois en termes de conception mais ensuite le modèle est dupliqué par milliers. Il y a des designers, des prototypistes, des metteurs au point, des allers retours… tout doit aller très vite.

Donc oui, je rêvais de me retrouver dans un atelier, tranquille, à fabriquer un bel objet. J’avais l’impression que je pouvais échapper aux contraintes de rentabilité, de compétition, de concurrence… ce qui est finalement faux car si je ne me dépêchais pas un peu pour faire mes pièces ce serait catastrophique, au début je travaillais tellement lentement que ça n’était même pas viable (rires). La réalité c’est que je suis à mon compte et que je m’organise comme je le souhaite mais je prends du temps à faire des pièces uniques qui sont censées durer. Donc à tous les niveaux je me suis remise à un autre temps…duquel le rythme n’est pas absent !

Et ton rapport à la consommation ? est- ce que ta reconversion a changé des choses quant à ton regard sur notre manière de consommer ?

Oui il a pas mal évolué car même si je n’ai jamais été accro au shopping j’ai toujours eu l’habitude de m’acheter ce qui me plaisait sans me poser de question. Ça a complètement basculé car je suis passé par une période de formation à temps plein que j’ai financée moi- même et pendant laquelle je n’avais aucun pouvoir d’achat. C’est assez intéressant parce que cela m’a complètement sevrée, on se rend rapidement compte que tout ce dont on peut avoir envie ne nous est pas vraiment utile, c’est très compulsif. Je me suis aperçue que je n’étais absolument pas malheureuse sans ces petites choses et qu’il y a une sorte de léger écœurement à acheter pour jeter. Ceci amène à réfléchir sur la manière dont ces choses ont été faites, dans quelles conditions et à penser que l’obsolescence programmée des objets nous inscrit dans un cycle de consommation compulsive sans fin. Quand on pense à tout ça je crois qu’on a rapidement envie que cela change, on commence à percevoir le pouvoir que l’on a en tant qu’acheteur et qu’avec un peu de budget on peut commencer à s’adresser à d’autre types de fabricants.


Hé oui, certaines pièces sont faites à l’aide d’une machine à coudre.

 

Tes clients sont ils donc parfois des consommateurs classiques ? pour quelqu’un qui n’a pas pour habitude de faire appel à des artisans c’est assez curieux d’imaginer que quelqu’un qui a besoin d’un sac n’aille pas dans une boutique de prêt à porter. Du coup j’imagine qu’il y a un profil assez précis pour faire la démarche de venir te voir.

Quand ils passent dans le sur mesure, mes clients savent ce qu’ils recherchent ou alors n’ont pas trouvé mais savent ce qu’il n’y a pas ailleurs. Ils savent que ça va prendre plus de temps que dans le circuit de consommation classique et ils savent aussi que ça va demander un budget plus important. Ils évaluent donc combien de fois ils auraient été amenés à acheter l’objet en distribution classique et en général ils se rendent compte qu’ils préfèrent avoir une belle pièce qui va durer très longtemps. On quitte donc complètement le temps rapide ; ils ont pensé à l’objet en amont, du coup l’achat n’est plus du tout compulsif, il est réfléchi, c’est un objet qu’ils devront attendre: on est complètement sorti du cycle de la mode ou de l’achat instantané. On se place dans un temps qui n’est pas celui du shopping du samedi. Au début je pensais que c’était lié à l’âge mais j’ai eu la surprise d’avoir de très jeunes clients qui avaient cette réflexion- là. Je dirais qu’il y a une petite variante homme/ femme, dans la mesure où pour ce qui est des accessoires de maroquinerie la femme a un choix énorme dans les boutiques de prêt à porter et donc va pouvoir acheter plus souvent des choses moins chères. L’homme est beaucoup moins gâté et donc il va avoir beaucoup plus recours aux vêtements, costumes et chaussures sur mesure, l’accessoire de maroquinerie est donc inscrit dans ce processus. Il va pouvoir y dépenser plus d’argent sachant que cela va durer des années.

Tu travailles en France, quel est ton regard sur la fabrication française aujourd’hui ? j’ai l’impression que l’on peut faire des tas de choses en France mais les médias sont assez peu de mon avis en général, du coup, qu’est ce que tu en penses ?

Il y a un savoir- faire exceptionnel qui est encore présent et que l’on nous envie: quand des chinois, parce que les médias parlent beaucoup de la Chine, veulent faire de la maroquinerie haut de gamme, ils viennent la faire ici. Pour vivre de cette activité en France c’est vraiment périlleux parce que les charges et les frais sont difficiles à concilier avec un train de vie confortable. Après, je crois que c’est aussi les français qui sont le moins enthousiastes à propos de leurs savoir- faire ; on ne retrouve pas ça dans les yeux d’un étranger qui viendrait visiter mes ateliers par exemple… peut- être que les français ne visitent pas assez les ateliers (rires).

Oui je crois que c’est assez vrai, les américains n’ont pas ce travers- là. Par exemple depuis 2 ans et jusqu’à il y a quelques mois, on avait vraiment sur internet des vidéos d’artisans américains ou italiens au travail un peu partout tous les jours. Il fallait qu’un produit soit fait à la main par une personne âgée du Massachusetts pour qu’il soit cool. Et ces vidéos d’adressaient a un public de bloggeurs assez jeune et très au fait de la tendance Est ce que tu as senti ce regain d’intérêt pour l’artisanat de la part d’un public qui n’était pas client de belle façon auparavant ?

Les marques ont assez rapidement trouvé le filon intéressant et se sont retrouvées à faire des lignes «héritage» qui surfent sur cette tendance du fait main et de l’authentique sans l’être pour autant évidement. Lassées par cette course à l’authentique des marques comme Kenzo essaient de vendre du «Cool, Chic et Fun», et la machine à attiser l’envie et à faire du prêt à jeter est repartie. Malgré tout, comme le «manger bio», j’ai la sensation que pour une partie de la population des amateurs de belles choses, ce phénomène a dépassé la simple tendance et exacerbé durablement quelques sensibilités: tu sens que le vent est en train de tourner ou qu’une partie de la population est moins sensible aux charmes de la société de consommation et prête à se tourner vers des corps de métiers comme le tiens pour répondre à ses besoins ?

Je dirais que les gens qui viennent me voir sont de toute façon enthousiastes parce qu’ils n’ont pas trouvé grand monde qui faisait ce que je fais ! J’ai donc des retours très positifs. Mais en France l’enthousiasme s’arrête au moment où il faut sortir le portefeuille (rires).

Tu as beaucoup de clients étrangers ?

Je cumule le double handicap d’être jeune dans mon métier (ça ne fait pas longtemps que j’existe) et en plus je ne communique pas, donc il faut être très fort pour me trouver (rires). J’ai néanmoins un client en Corée, une marque qui vend mes sacs à Shanghai et à Pékin mais je ne suis pas encore sur les cinq continents.

Dans son dernier roman, La carte et le Territoire, notre cher Michel Houellebecq dépeint une France du futur complètement désindustrialisée, devenue une espèce de parc d’attraction charmant et pittoresque où les touristes aiment passer du bon temps, voir les petites mains travailler et repartir avec des beaux objets faits à la main. L’artisanat est du coup redevenue très important pour l’économie. J’avoue être assez séduit par l’idée, j’imagine que ça t’irait aussi ?

Ça me semble un futur tout à fait plausible: en Grèce où la monnaie ne vaut plus rien, tout un système de troc s’est mis en place et donc les gens se sont remis à faire des choses eux- mêmes. On en revient toujours à ceux qui font vraiment des choses, on est à la source quand on fabrique et en cas de fin du monde on est très bien placé (rires).

Retrouvez Célia via son site internet, http://sac-sur-mesure.com/

FrenchTrotters – Aperçu AH13

La marque fait un bon en avant au niveau des matières utilisées.

Les plus anciens d’entre vous se souviennent peut être de la naissance de la ligne FrenchTrotters Homme en 2010: une petite série de chemises bien faites à Paris dans des chutes de belles matières, le tout en série limitée… et bien voici enfin qu’après quelques saisons en ayant suivi cette formule, la petite ligne est aujourd’hui devenue une bien belle marque avec de solides épaules. Le label présente pour l’Hiver 2013  une collection très complète toujours composée de chemises bien sûr mais également de pulls, de gilets, de vestes mi saison et pleine saison… bref vous pourrez bientôt vous y habiller complètement de la tête aux pieds !

Côté matières le duo créatif va maintenant chercher ses étoffes au Japon, en Italie et créé même ses propres mélanges de laines. Un modèle de jean est également dans les starting block, toujours avec cette recherche d’une esthétique épurée. Une affaire à suivre de près…

Non contente de présenter une jolie collection pour l’hiver 2013, la marque peut également se targuer d’avoir séduit les acheteurs de préstigieuses boutiques comme Isetan, Edifice ou Hankyu au Japon ainsi qu’Union Made à San Francisco.

Chapeau bas !

Les pantalons « maison » font leur entrée chez FrenchTrotters.

De Bonne Facture

Chemise De Bonne Facture, double étiquetage, tissu japonais, boutons en corne et finitions exceptionelles

J’ai entendu parler de De Bonne Facture pour la première fois en juin 2011. Nous venions alors de lancer La Belle Échoppe, et présentions notre sélection de produits Made in France au salon Capsule à Paris. Déborah Neuberg s’est alors présentée pour nous parler de son projet de faire travailler des ateliers français pour créer un vestiaire masculin d’exception. Nous suivons l’évolution du projet depuis cette date et c’est un grand plaisir que de le voir se matérialiser sous une forme aussi aboutie.

De Bonne Facture est une sorte de super-marque mettant en avant les ateliers derrière la fabrication de chaque vêtement ou accessoire. Passée par Hermès, Deborah semble en avoir conservé l’exigence : aucun compromis n’est fait sur la qualité et c’est une bibliothèque de pièces exceptionnelles, aux tons doux et très facilement portables qui sont présentés. Travaillant depuis pas loin de deux ans sur ce projet, Deborah a parcouru la France à la recherche de ces ateliers aux savoir-faire souvent uniques et anciens. Ceux-ci sont mis en avant via un double étiquetage et toute une série de reportages et d’articles sur les carnets De Bonne Facture.

Les chemises sont confectionnées par FLS, qui compte aussi parmi ses clients de très prestigieuses marques françaises ou japonaises. Les pulls marins tricotés à Quimper en Bretagne sont l’oeuvre de La Fileuse d’Arvor, qui, si cet atelier est moins connu que Saint James ou Le Minor, n’en fait pas moins de très belles qualités de chandails. Les pantalons proviennent de Basse-Indre et c’est un homme d’expérience manipulant une machine centenaire qui tricote les très jolies cravates chinées. Les boutons, lorsqu’ils ne sont pas issus d’un stock oublié et miraculeusement conservé, sont produits par Brochot, spécialiste français du bouton en corne officiant dans le Jura depuis 1958.

En résulte donc une première collection composée de pièces essentielles, simples et à la coupe moderne : chemises, cardigans et chandails, pantalons en laine, cravates … Un soin particulier a été apporté à la sélection des matières, laines chinées pour les cravates et pantalons, tissus japonais donnant un aspect casual intéressant pour les chemises, et laine vierge connue pour ne jamais boulocher pour les pulls bretons. Les détails de façon ne sont pas en reste, la chemise est parmi ce qu’il se fait de mieux : 7 points au centimètre, coutures rabattues, une propreté et une netteté exemplaire, tout ceci accompagné de boutons en corne d’une belle finesse. Il en est de même pour les chandails, dont la tenue bénéficie de toute l’expérience de La Fileuse d’Arvor et qu’on enfilerait volontiers sans se poser de question le matin.

De quoi se composer un vestiaire chic et tout en simplicité, et surtout s’assurer de porter parmi ce qu’il se fait de mieux aujourd’hui en France.

De Bonne Facture présentera sa collection aux acheteurs professionnels du 16 au 26 janvier au sein de la galerie Made In Town, dans le 3ème à Paris. Le public est aussi le bienvenu, il sera d’ailleurs possible de commander.


Quelques photos de l'usine J.M. Weston

 

Pour une rentrée pleine de douceur, voici quelques photos rapportées de l’usine J.M. Weston que j’ai eu la chance de visiter il y a quelques mois. N’allez pas chercher dans ces photos des explications où une illustration des processus complexes qui font des souliers Weston parmi les plus beaux au monde, mais plutôt une ambiance, celle d’un bel atelier produisant de belles choses. L’atelier J.M. Weston est situé à Limoges, dans le Limousin, et y emploie 170 personnes qui continuent de produire plus de 70% des souliers de la marque, dont les commandes spéciales et leurs modèles emblématiques : le mocassin 180 ainsi que la Chasse et la Demi-Chasse.

 












La réalisation du cousu norvégien de la Chasse. Toujours effectuée à la main.


Un aperçu de la salle où sont stockées toutes les formes, sachant qu’il en faut plusieurs par pointure et largeur, celles-ci prennent rapidement énormément de place (on imagine aussi l’ampleur de l’investissement nécéssaire pour le développement d’une nouvelle forme)