Cuir repoussé

Yuketen, « one step beyond ».

Ces dernières saisons on a beaucoup vu de cuir tressé: appliqué à des ceintures, des chaussures, des sacs… pour un résultat souvent très bon, qui rentre dans une garde robe très facilement. Pourtant lorsque l’on parle de cuir on peut varier les plaisirs au gré d’une palette de possibilités gigantesque: les techniques des façonniers, des tanneurs ou même le choix des animaux et de leurs membres peut modifier sensiblement l’aspect de la pièce de cordonnerie ou de maroquinierie, les créateurs ont donc le choix. Certains iront jusqu’à peindre le cuir (comme Goyard pour ne citer qu’eux), le sertir de bijoux (la « studded belt » a également un bel avenir) ou s’aventureront à  s’en servir comme support pour des broderies, comme Tucker Blair par exemple. Pour l’instant, la tendance vers laquelle semblent tendre les créateurs et les marques  dans leur quête de « nouveauté » est celle du repoussage du cuir. On ne le confondra d’ailleurs pas avec de la gravure: le cuir n’est pas gravé mais frappé, avec un outil qui lui applique un certain motif que le façonnier combine avec d’autres pour obtenir un ensemble assez compliqué. On ne fragilise donc pas la peau en lui enlevant de la matière.


« Embossed Penny Loafer » par Epaulet.

Aperçu il y a quelques saisons chez Yuketen, qui détourne habilement les classiques de la culture américaine pour les introduire dans une sphère plus « mode », on a pu en avoir une talentueuse démonstration récemment chez Epaulet et Billy Kirk. Levi’s Vintage ne fera d’ailleurs pas exception pour ses quelques pièces de maroquinerie de la rentrée, et on peut s’attendre à ce que les entités qui puisent leur inspiration dans l’americana fassent de même. La tendance « gros durs » continue donc sur sa lancée, ce qui ne tarira pas les utilisations de ses codes: ces dernières années (ou décennies) on a plutôt vu les ceintures utilisant le cuir repoussé autour de la taille des bikers qu’au hanches des mannequins androgynes que les « créateurs » utilisent pour présenter leurs collections chaque saisons.

Chez Billy Kirk, on sait faire de très belles choses. Le sac ci dessus et le portefeuiile ci dessous, développés avec Horween Leather en sont de parfaits exemples.

L'Outil de Production


Parmi les jeunes marques françaises de maroquinerie haut de gamme dont on entend un peu parler en ce moment (Emissar, Trémoulière ou Bleu de Chauffe par exemple), nous avons la chance de pouvoir en ajouter une à ce beau tableau. L’Outil de Production fait pourtant un peu bande à part: la marque existe depuis les années 60 même s’il aura fallu attendre 2011 pour la voir réactualisée. Il s’agit au début de la marque d’un atelier de confection de Touraine qui réalisait des pièces de cuir pour montrer son savoir faire à ses clients. Apparemment la démarche a fait ses preuves, l’atelier travaille aujourd’hui pour Louis Vuitton, Hermès ou Goyard et d’autres grands noms du marché du luxe.

Après avoir retrouvé en 2009 quelques dessins et prototypes ou même des matières premières des collections d’origine, L’Outil de Production se relance et développe aujourd’hui une collection a destination des particuliers, non plus seulement destinée à faire l’inventaire des compétences de l’atelier. En plein regain d’intérêt pour les pièces durables que l’on connaît depuis quelques mois maintenant, la marque travaille de beaux cuirs et une toile de haute qualité en profitant de mains d’orfèvres, qui s’attachent à réaliser des finitions minutieuses (tranches peintes à la main, zip RiRi, numérotation des pièces…)

Voici quelques premières images de la première collection du nouveau visage de la marque, nous reviendrons vers vous pour vous en dire plus sur la distribution quand nous aurons plus d’information.